16 juillet 2007

Ombres , Lumières , and The Sound of Silence

« I’m stuck here waiting for a passing feeling » chantait feu Elliott Smith. Ouai. Exactement.
D’ailleurs pendant que Jennifer Charles sussure une chanson française le long de son appartement à Brooklyn, je gribouille des damiers dans tout les sens d’une feuille blanche, et puis aussi, un beau garçon chante l'instant contre une porte d'hotel à Paris.
Je ne sais pas qui s’est lui. Mais c’est beau comme ça. Tout un art du silence. Et de l’ombre.

« Un quadrillage,
Du noir du blanc,
Calligraphique outrage de mon tourment,
Un coloriage des heures durant,
Des heures durant …
» chante Pierre Luquet des Bec Bien Zen, et pareil. Encore.
Le damier en « prise d’otage de mes instants »

J’emprunte des mots aux poètes hors lumière, poètes de l’ombre, comme quoi, on y revient toujours ; à l’ombre.
Comme quoi aussi, c’est une expression multi sens.

Quand je bossais de nuit, j’avais ce seul privilège de rentrer au moment où le jour se levait, sur ma route.
Le privilège aussi de traverser la ville endormie. Dans l’ombre des immeubles.
La lumière là haut n’était que pour moi.
Et le silence aussi.




Thomas Dybdahl - Untitled






Elysian Field - Jezebel






Bonus
Elysian Field - Shooting Star
Elysian Field - Stop The Sun

4 juillet 2007

No name #2

© ? © Steve Pyke

© ?





Tu danses avec moi ? Je lui ai demandé.
Je ne sais pas trop ce qui me prenait, j’avais envie d’absurde, j’aimai cette musique trop calme, et puis bordel, je m’en foutais.
C’était de ces moments de pure insouciance en moi, c’était rare, comme un calmant pour anesthésier ma conscience.
J’avais envie de l’inviter à danser, comme ça, parce que la musique était belle et qu’elle méritait d’être expérimentée.
Je le regardais assis sur le canapé, j’écoutais le flot des arpèges aux notes cristallines qui m’envahissait, et je voyais les gestes de mes bras suivant la mélodie.
Ca ne ressemblai pas à de la danse, juste à de la liberté. C’était totalement déglingué.
Je voyais dans son regard qu’il me trouvait dingue et ça me faisait rire. Je le regardais sourire.
Ferme les yeux au moins ! je lui disais, t’aura l’impression d’être sous la pluie, les bras levé pour sentir les gouttes t’imprégner, ou sur le flanc d’une falaise, là ou le vent te secoue de frissons glacés. Ferme les yeux, tu te sentiras vivre !
Alors il m’a demandé de façon détournée si je déconnais.

- « Il y a tout ça dans ta tête ?
- « Non bien pire, je lui ai répondu, t’imagines pas le nombre de trucs psychédéliques qui y joue à cache - cache. C’est comme ça parfois ça explose de moi. Mais tu peux les comprendre, t’as juste à écouter »

Alors il a hoché la tête et il s’est allongé. Je l’ai vu fermer les yeux et laisser sa cigarette se consumer entre ces doigts. Il ne dormait pas, à un moment il m’a dit « je crois que je comprend pourquoi on te perd parfois, là je le vois, ton autre univers, pas de falaise mais le toit d’un immeuble sur la baie de San Francisco.

C’était ça. Sa liberté
Et la chanson s’est terminée, alors je l’ai relancé, en mode répété.
Y'avais nos petites têtes de fêlés dans l'air de cette berceuse lunaire, et la piece pour nous est devenu lieu d'imaginaire.



1 juillet 2007

Bilan



C’est le temps de la réflexion, le temps, juste, après la course.
C’est l’idéal moment pour me coller le nez à cette fenêtre objet que je décrivais dans un devoir de français.
J’ y vois le mouvement extérieur qui tranche avec le statique intérieur, j’y repense les moments passés et ils se matérialisent devant mes yeux du genre flash back série télé.
Essayer d’y traduire en mots c’est pas facile, parce que ce sont des émotions, des sensations, simplement pures, d’abandon, quand le cœur se libère de l’armure.

Le bilan de cette année je n’arrive pas à l’attraper, il me glisse entre les doigts de pied comme ce sable qu’on a tellement piétiné.
Alors je jette juste un coup d’œil pour ne pas l’effrayer.
Je scrute les visages à travers cette vitrine de mes pensées, j’y vois les rencontres, mes amis sur le train du rêve, ces gens qui dansent et s’émerveillent, qui se rassemblent quand ils n’ont pas sommeil. Les même qui descendent les toboggans à l’envers et grimpent aux arbres jusqu’au soleil. Ils portent tous la vie à l’intérieur d’eux, ils en prennent soin comme de ces feux nocturnes qu’ils attisent.

Et puis une image, autre, prend le pas sur tout ça, elle vient d’ailleurs, fragment pelliculaire de film. Le personnage en errance du premier film de Jim Jarmush « Permanent Vacation » - dépose la pointe d’un tourne disque portable sur un 45 tours.
Musique Maestro
La musique cette année quelqu’un en a attrapé les ondes pour en faire un meuble d’ébéniste sur le thème de la modularité. Devant moi récemment c’est l’espace temps qui s’est modifié :
J’ai vu un ange noir au concert de Woven Hand. David Eugene Edwards chanteur-shaman.
Mes yeux fixés sur les gouttes de sueur perlée de ses mèches blondes, j’observais le voyage mystique intérieur de son visage et de ces yeux en évitant le fond de ce regard qu’on jurerai omniscient, et pour moi c’était clair, sur son dos, comme deux grande ailes, tantôt blanches ou noires, qui se déployaient.
Pouvoir hypnotique de la musique… Trop intense pour être capturé.
Instant sacré.
(Restart again *)






Voilà donc une page se tourne, toutes ces choses là sont en attente d’être renouvelées, j’aimerai parler d’été mais à ma fenêtre c’est l’orage qui se déchaîne en rafale de vent mouillé.
Temps mélancolique parfait, j’ai un p’tit brin de nostalgie qui court toujours sur les mois défilés et un cyber pote m’a filé la bande-son au poil pour mes envies léthargiques.
Morning After Girls hum ? Si ça vous tente je fais partager. Allez ...






The Morning After Girls - Hidden Space
The Morning After Girls - Hi - Skies



Bonus :
Woven Hand - Winter Shaker
Woven Hand - Dirty Blue


click droit, enregistrer sous sur les liens, format mp3

21 avril 2007

Attentat

Tu vois Malik il s’écaille, de toute sa peau d’humain, ya cette image et puis ses mains, sur ces yeux.
Dans ma tête ça fait comme un chagrin de paroles hétéroclites :
Il me dit « j’aurai voulu être gardien de musée, j’aurai appris à regarder le silence et à l’appréhender, je serai devenu le mime de ma personnalité. »
Alors il rajoute des gestes et poursuit « mais la vie n’écoute pas bien les gens dans les yeux,
Ni dans leur mains
Alors moi, qu’est ce que je deviens ? »

Je regarde Malik, la poésie de ses bras qui forme la chorégraphie des mots qu’il ne prononcera jamais.
C’est beau mais petit à petit, l’homme en lui disparaît, alors ça n’a plus d’intérêt.
Malik en ce moment il s’effrite, tu vois, ya tellement peu de gens qui écoutent ses silences que c’est comme s’il était déjà mort.
Malik emprisonné s’endort.

Avant encore, il se battait, se débattait contre ces faux semblant qui l’exhibait comme pantin articulé, marionnette du théâtre morne de sa vie muette.
Mais rien ne change. Aujourd’hui, Malik s’évapore dans des nuits somnambules, et planifie ce jour où il assassinera les mots parlés.
Attentat programmé.






&#169 Holly Stewart

17 avril 2007

Voix Interieures





Avance à travers la nuit, avance
Avance à travers la nuit, avance

Il y a des visions, il y a des souvenirs
Il y a des échos de sabots assourdissants
Il y a des feux, il y a des rires
Il y a le son de milliers de colombes

Dans le velour de l’obscurité,
Par la silhouette des arbres silencieux
Ils regardent, ils attendent
Ils sont temoins des mysteres de la vie

Des etoiles en cascade sur les anciennes collines
Elles dansent aussi loin que la mer
Remontant sur la terre, tu peux sentir sa douce main
Menant à sa destinée

Emmene moi avec toi dans ce voyage
Ou les limites du temps sont maitenant inversées
Dans les cathédrales des forêts
Dans les mots des langues à present disparus

Trouve les réponses, pose les questions
Trouve les origines d’un arbre ancient
Fais moi danser, fais moi chanter
J’avancerai jusqu'à ce que la lune rencontre la mer.



Traduction des paroles de "Night Ride Across the Caucasus"
Texte de Loreena McKennitt









Ou sont donc passé nos racines ?
Vous rappelez vous seulement de là où vous venez ?
Je l’entends m’appeler parfois, cette terre au cœur presque brisé
A l’heure où les feux se rallument dans les communautés, je retrouve cette voix qui me ramène à l’essentiel.
De l’essentiel à la pureté.
Mais je cherche sa source.

Je n’avais pas voulu voir la belle frimousse de Gaïa se rider si vite, je découvre désormais son portrait de Dorian Gray.
Notre maison s’effrite, nous perdons nos fondations.
Entre l’homme et la nature, si le premier acceptait un peu l’humilité , nous laisserions nous enfin guider ?
Il sera temps que l’humain réapprenne à danser les éléments, à voyager au gré du vent,
Son rôle n’est plus à la domination.
Est –il si difficile d’ouvrir son cœur dans le peu de temps qu’il nous reste. Pourquoi tout gaspiller à calculer sans cesse, l’instinct a toujours été là pour nous ouvrir le chemin, si nous savions l’écouter….
Mais nous satisferions nous d’aimer ?

La petite voix qui m’est revenue en ces nuits tièdes ne me donne pas de réponse
A suivre la voix ne retrouve t’on pas son chemin ?
J’aimerai les suivre ceux qui ont continués la marche, ils apprennent du passé pour mieux suivre les traces du futur, et c’est bien le respect qui leur ouvre les portes de l’humanité.
Ils ont des allures d’anges et le sourire de l’espoir.







Site Francais sur Loreena McKennitt
Site Officiel sur Loreena McKennitt

Nouvel Album :

26 mars 2007

Intolerance

J’t’ai observé minutieusement, dans les moindres contours de ton mépris et j’ai compris cette limite qui nous sépare.
Cette intolérance qui t’envahi et t’égare.
Y’a comme un gouffre entre nous sans pont ni passerelle de ton coté, au fond juste ce ruisseau de ta haine dans lequel moi, je me casse les dents à chaque fois que je tente l’enjambée.
Ca m’fait flipper.
L’intolérance, cette triste engeance.
Ton arme, ton armure et ton armée de fidèles à tes cotés.

Maintenant seulement je te laisse sur le bord de ma route. Elle te déroute ma différence, j’ai bien compris qu’elle n’avait rien à t’apporter.
Alors j’t’aime un peu mais pas trop, juste que tu me rappelles à la réalité, qu’après toi y’en aura d’autres et qu' j’aurai moins mal de la bétise. Le manque de respect tu sais je l’exorcise.
Alors tu peux te fatiguer.
Mais tu t'enfermes, toi dans la belle cage que tu te créer.
J’espère que tu y trouveras enfin quelque chose à aimer.



10 mars 2007

Conte de la folie ordinaire








On est un peu cintré, nous, dans notre genre humain.
On sait.
On laisse les choses nous échapper, on s’essaye à en retenir les derniers fragments,
évidemment histoire de se relever de la chute.
Alors on pleure, on se marre, on lutte, avec ce qu’on a rattrapé :
le vent qui nous fait danser, les vérités qui nous chahutent.
La vie est une grande montagne russe où on s’effraye de la pente,
en montée ou descente.
Une grande comédie dramatique en somme, toute en comique de répétition
– en échecs mattes et bizarreries joyeuses.

Et puis alors parfois, parfois
Entre rires et larmes, on s’immobilise soudain en contemplation de l’un des nôtres,
parce qu’il incarne soudain l’inconnu (oh ! vil créature à l’identité perdue).
Il se tient là mais il n’est plus lui, alors on se murmure :

- Qui es-tu vraiment, toi, l’autre, l’inconnu ?
Et une petite voix de répondre
- Je suis l’imprévu ! j’habite l’instinct, je suis celui ou celle qui secoue le quotidien.

L’imprévu, bien sur !
La folie ordinaire

On est un peu cintré, nous, dans notre genre humain.
On comprend.
C’est beau l’absurde.
On finit par vivre, et ça ne passe plus inaperçu...








Message subliminal :
Assez lu de bétises ! courez après la famille Hoover, jetez vous sur ce film






LITTLE MISS SUNSHINE de Jonathan Dayton & Valerie Faris




8 mars 2007

Reste les maux et les sons...

Matinée ensoleillée d’automne, fin d’après midi d’été.
Au choix : couché ou levé de soleil.
Ya des fantômes qui hantent ces atmosphères, ces espaces qui échappent à la réalité.
Ils sont là cachés avec leurs 6 cordes et leur sensibilité à fleur de peau, leur retenu magnifique et leur putain de vérité qui fait mal, leur justesse en mots et mélodies pures qui cachent la pire des descentes au enfer.

Le beau maquille le triste.

Souvent leur beauté à eux, ça donne envie de marcher sur l’eau. Mais parfois malgré tout, c’est tout juste larme de crocodile.
Et aujourd’hui, à l’heure ou je dépoussière mes pensées, et qu’ils reviennent se poser sur mon épaule, je me rapelle du vide qu’ils ont laissés. Ces enfoirés

Elliott Smith est mort il y a 4 ans, il en avait 34
Nick Drake est mort il y a 33 ans, il avait 26
L’un se revendiquait de l’autre, et tiens, c’est bien Dame Tristesse qui les aura tout les deux emporté …

Maintenant, ya plus rien à dire.
Tout à écouter.




Nick Drake - Milk and Honey
(video amateur)






Elliott Smith - Son of Sam






mp3 d' Elliott Smith
mp3 de Nick Drake

Good Bye one more time, Gentlemen ...

5 mars 2007

Cavalcade sur doigt de pied




Tu vois comme quoi, on grandit, on finit par s’en sortir de ces petits corps d’adolescents meurtris.
Enfin tu grinces des dents toi oui, tu te débarrasses plus des tes peaux mortes, elles te collent aux bask’ comme c’est pas permis, allez arrache toi donc de cette chrysalide qui t’emprisonne, cette image de toi qui t’empoisonne jette-là par-dessus l’océan qui trotte dans ta tête depuis si longtemps.
Ne viens plus me voir pour me demander de te faire hara kiri, parce que ces choses là ça suffit, je n’ris plus moi je t’assure, j’avance ça j’en suis sur, mais j’prend bien les virages en lacet.
Là où mes doutes et mes peurs sont enlacés.
Mais bon les tempêtes avec toi à présent c’est passé, ma mer est calme alors j’rame tranquille vers un nouveau monde.
J’tiens ma vie comme une fronde.
Un peu comme tout le monde.
Notre futur à tous c’est le fil du rasoir, moi j’veux des arbres, des branches, des balançoires. J’penche pour le coté du dérisoire parce que j’veux d’la vie, pas du temps.
J’fais de la revolution à la seconde.
J’veux juste qu’on avance dans le présent. A l’instinct à l’instant à l’aveuglette en galipettes
Le fil d’Ariane cousu en chaussette.

4 janvier 2007

Estompe




Sans mes lunettes
J’vois que tes couleurs, un peu floues sur ta silhouette,
J’vois pas tes yeux, pas ta bouche,
J’vois pas trop ce que tu fais ni ce que tu touches
Mais j’t’observe si fort que je cerne un peu mieux ton corps.
Je choppe les mouvements, l’élan des mouvements,
J’appréhende le monde comme un grand dessin estompé, un film brumeux où tu ne ferai que danser.
Y‘a pas vraiment d’limites à ton identité, pas d’limites sous mes pieds non plus, j’pietine les détails qui affluent autour de nous,
Et j’mets tout mon cœur à ne plus rien voir du tout.
Mais toi t’es là quand même alors mes yeux se cachent et te sèment, un peu
J’vois tes couleurs, j’vois pas tes yeux
J’sais pas d’où viens ta voix parce que j’vois pas ta bouche, j’imagine juste des petits bouts de mots qui s’envolent d’entre tes lèvres rouges.
Moi comme ça, ça me va, j’avale plus de couleuvres.

Mais j’ vois tes couleurs et ça bouge
Et les bords s’échappent,
L’espace devient alors un grand portrait abstrait, j’me suis planté.
On m’avait dit « l’amour est aveugle »
J’avais répondu « ça se saurait ».





photo: © Eric Tellier

26 décembre 2006

Accroche - coeur

© Christian Fournier




Les sentiments t’entourent, ça t’enveloppe, sur les contours de tes époques.
Ca suit ton corps traçant des volutes, ça se dispute sans équivoque
La meilleure place de ton coeur
Y’a même des liens, regardes les bien, autour de tes mains
Serrés des milles nœuds marins
Que tu ne sens pas toujours au premier abord mais qui serreront ce cœur au détour d’un port.
Y’a pas toujours de place pour tout ce qui se souffle à ton oreille alors ça s’accroche en boucle et hante parfois ton sommeil.
Y’a des nuits couleur charbon et des jours sans bruit, des déjà vu comme comparaison, des ponts et des cachettes sur pilotis.
Toutes ces sensations ses sentiments ça éblouit, jamais apprivoisés ils restent un endroit pour les réfugiés.
Pour tout les pas sages de passage, les éreintés du voyage, les enfants sauvages même les écorchés.
Ca reste un phare, un grand phare, fort de ces grandes tempêtes qui s’entêtent dans toutes nos têtes…
Et inlassablement nous repetent que
Nos sentiments éclairent nos corps, éclairent nos cœurs
Jusqu'à la mort.

29 août 2006

Message à caractère informatique

Faute de connexion Internet à porté en cette nouvelle rentrée, POLAROID se met en stand-by pour quelque temps indéterminés, mais pas infinis, non non.
Pas de nouveaux messages pendant quelques jours additionnées-multipliées donc, mais toujours la possibilité de jeter un œil sur les anciens, dans la rubrique INSTANTS PRECEDENTS (Archives) du coté de la barre de droite.
Alors j’espere :

A bientôt …
See You Soon …


24 août 2006

Wild Cat

Parfois Cat Power reprend Nina Simone et chante Wild Is The Wind, que le « vent est sauvage ».
Parfois elle prend sa guitare, une camera, part chanter dans la nature et le vent autour d’elle est sauvage.
Un peu comme elle finalement, chat sauvage.
Au détour de cette « Sad Sad Song » , vous ne verrez presque pas le visage de Chan Marshall (ou Cat Power) parce que ce n’est pas important. Chan parle aux arbres (Speaking for trees – le titre du DVD) avec sa voix sauvage, au milieu d’une nature sauvage où le vent est sauvage.
Alors on ne la voit pas vraiment mais Cat Power griffe tout en douceur.





Et puis parfois, on retrouve Chan qui gambade autour d’un stade d’athlétisme en combinaison vinyle rouge, moitié-cruscifiée et entourée de nana en tchador, mais c’est sous la direction d'Harmony Korine pour le Clip du dernier single, donc on ne s’étonnera qu’à moitié.
En tout cas dans ces images là on est bien loin de la Cat Power du live de Nulle Part Ailleurs en 1995 pour Nude As The News, chanson sauvage, interprétée sur le fil du rasoir :





Et puis ... à écouter
Cat Power - Satisfaction ( Session Live pour Radio Aligre )

18 août 2006

On The Road

© Jean-Francois Raskin



























Grande route de goudron noir, ligne de fuite sombre entre deux plaines d’herbe sèche. A pied.
Traversé introspective, ou …
Traversé rétrospective ?
Pensées successives emportées par les rafales d’un vent qui joue avec les vêtements comme le tissus d’un cerf-volant.
Vent froid qui soulève les cheveux bruns, les souffle et les décoiffe plus silencieux qu’un sèche-cheveux, vent froid sous plafond de nuage, gris-gris.
Temps mystique, atmosphère électrique.
Orage dans l’air.
A travers les vitres d’un refuge, de grands arbres electro-magnétiques qui s’abattent sur les terres… et pluie, averse qui s’ensuit.
Le sable s’humidifie.
Sur les carreaux de la petite fenêtre quelques gouttes qui glissent comme l’encre qu’on souffle avec une paille, qui se laisse couler sans connaître la ligne d’arrivée.
Avant que le soleil ne revienne tout assécher.

A pied, marche solitaire et linéaire sur le tracé, un autre jour, une autre journée.
La démarche lancinante devient mécanique, à mesure que s’égrènent les pylônes électriques plantés dans le paysage desséché.
Le corps suit
la volonté de l’esprit qui le guide.






Lady
Of Guadalupe
Make my sight clear
Make my breath pure
Make my strong arm stronger and my fingers tight.
Lady of Guadalupe, lover
Of many make
Me avenge
Them.



Notre Dame
De Guadalupe
Faites que ma vue soit claire
Et mon souffle pur
Faites que mon bras soit plus fort et mes doigts plus fermes.
Notre Dame de Guadalupe, vous qui les aimez
Tous Faites
Que je les
Venge.



Extrait tiré du livre de Jack Spicer « Billy The Kid »
Traduit par Joseph Guglielmi pour l’album de Kat Onoma.

11 août 2006

Voices

Fin de soirée au bord de l’océan ou dans le grand désert, les voix s’évanouissent comme dans l’espace l’individu se retrouve seul. Entendez vous ces voix alors ?
Voix de velours pourpre ou bordeaux, d’épais rouleaux qui s’étendent sous les pieds, comme un tapis rouge de grande cérémonie.
Tout ça finit par envelopper, précautionneusement sans intonation brusque.
Même le plus virulent des terre-à-terre s’y laisserai perdre, se laisserai prendre à quelques divagations poétiques. C’est mettre la tête dans les nuages et la ressortir avec la certitude que l’homme peut voler.

Mirage d’un desert riche // ocean de secret, parfois rugueux // pureté absolue, d’infinies surfaces rèches // et etendues saline - parfois souvent eldorado musical où pépites d’or cohabitent avec perles marine.

Mark Lanegan est la voix du désert, Isobel Campbell celle de l’océan,
L’album s’apelle Ballade of The Broken Seas,
La chanson est une Montagne Noire ou un Revolver



Isobel Campbell - BLACK MOUNTAIN
Isobel Campbell & Mark Lanegan - REVOLVER

27 juillet 2006

n o n a m e o n e





« Un peu de douceur » je lui disais « comme le temps qui coule dans le sablier ».
Il y avait ces couleurs, tout un dégradé au dessus de nos tête, du vert souvent vif agité par le vent. Il y avait ces cheveux roux colorés, petites mèches ensoleillées par moment parcourut de reflets dorés.
« Le vent chatouille la nature on dirait, regardes-là se tortiller ! » il remarquait, « crois–tu qu’il serai capable de me débarrasser de ma colère ? »
Je ne savais pas trop.
J’écoutais un peu sa voix un peu ses yeux un peu tout et n’importe quoi, lui et rien à la fois. Et puis … « viens voir ! » je m’écriais, « regardes cet arbre ! Tu m’aides à grimper ? »
- « Pourquoi ? »
- « Juste parce que s’il te plait »
Je n’ai jamais été très douée pour les explications, peut être que je n’en avais pas vraiment, ou si, particulièrement à ce moment là je me suis dit que là haut je me rappellerai de sa question.
Sur le chemin, les branches des arbres étaient arquées, cette particularité qu’on aurai dit répétée à l’infini, avait créé une voûte organique, tunnel végétal, un truc banal pour l’endroit. C’est juste qu’on ne voyait plus le ciel.
Je suis monté à l’arbre.
Très haut.
Par-dessus la voûte.

« Qu’est ce que tu vois ? » il m’interrogea, et moi gentiment je me moquais « Le ciel imbécile ! qu’est ce que tu crois ? »
- « Bien sur, bien sur que tu vois le ciel, mais comment il est ? »
- « Peut être …peut être que tu devrai venir voir par toi-même, je crois qu’il te plaira »
- « Je préfère que tu me racontes »
- « Eh bien …c’est un grand désert à l’envers, un désert de coton tout blanc et immensément plat »

Il ne répondit pas. Pendant ce temps moi, je me rappelais de sa question, alors je lui soufflais « C’est peut être là dedans que tu pourrai étouffer ta colère. »

24 juillet 2006

Lignes d' horizons

C’est une très longue ligne directrice, une courbe qui se prolonge, le fil d’un songe. C’est une ligne souple qui s’allonge, une corde dont le bout s’est contorsionnée, s’élève ou plonge avant d’être nouée. Ce sont les marquages en pointillés d’une route en lacet.
Ce sont toutes nos avancées et tout nos arrêts (toutes nos pensées, tout nos regrets)
Ce peut être lui.
Ce peut être nous.
Celui qui se suis ou bien ceux qui s’avouent. Je veux dire Moi et Toi, mais je te laisse le choix.
Il y a une infinie richesse à chercher des directions, des sens pour couper ces cordons. Il y a une simple détresse à s’attacher autant à certaines relations.

En ce moment l’idéal se prête à confusion pendant que l’inégal recolte l’aversion. Au fil de nos erreurs pourtant, se fissurent se défont nos chaînons.
L’instant présent est à l’abandon. En longueur alors, tout s’emmêle pêle-mêle entre anges et démons.
Trop de ficelles qui s’emmêlent, des pieds jusqu'à nos têtes, nous propre-marionettes.

C’est une ligne dans une main, comme une trace de destin, ou une ligne oubliée d’un récit du passé. Elle peut être n’importe quelle sorte, n’importe quelle escorte,
Ce peut être une vie (ou un message inachevé).
Une continuité de point à relier.




© Ilan Amihai

18 juillet 2006

HEY KID

Fort Summer



Le désert comme terrain de jeu
Guerre de clan, Guérilla
Et Coups de feu.
Mais Toi ? Où tu courrais comme ça ? Billy sous ce soleil de plomb, entre le plomb des balles.
En rafale.
Ta légende laissait des traces dans la poussière. Derrière toi.
Au carrefour des frontières t’étais tout et rien à la foi, héro hors la loi des espaces désertiques, figure historique engagé dans des guerres de Comté, ta tête était mise à prix Billy pourtant t’aura bien finit par t’échapper. Genre identique aux ressuscités.
Une dernière fois.
Tu relançais les dès.

Dans le désert
Des cavaliers
Des histoires qui se perdent, des cavales qui commencent. Et la mort arbitre.
L’Histoire ouvre un nouveau chapitre.
Billy au milieu de tout ça, comme un gamin trop fier, comme un commanditaire de vendetta, t’as laissé ta légende parler pour toi.
Après tout, l’eau coule sous les ponts et inonde. Même au Nouveau Mexique. Même si… ton nom gravé, au pic sur une tombe. Billy.

C'est bien l’encre sur le papier qui t’aura enterré. Celle de Pat Garrett le premier.
Car Fort Summer, Kid te cachait encore, sûrement abîmé mais pas mort ?
(Remember) 13 juillet 1881, de quelle couleur était la nuit pour toi, ce soir là ?
« The radio that told me about the death of Billy The Kid » *
Et là bas, là bas dans le desert: pas encore ?






*
« C’est la radio qui m’a apprit la mort de Billy The Kid
(Un jour d’été brûlant, un jour avec des oiseaux dans le ciel)
Imaginons une frontière – un poème où quelqu’un pourrait se cacher avec la troupe d’un sheriff à sa poursuite – à mille kilomètres s’il faut qu’il fasse mille kilomètres – un poème sans tournants brusques, ni maisons pour si perdre, sans la trame magique ordinaire, sans Juifs new-yorkais marchand de pyjamas améthyste, rien qu’un endroit ou Billy pourrait se cacher et tirer sur les gens.
Jardins des supplice ou montagnes russes – C’est la radio
Qui m’a apprit la mort de Billy The Kid »

- Extrait du livre de Jack Spicer, Billy The Kid -

15 juillet 2006

L ' Evadé Prisonnier





Au bout d'une rue sans issue, l'enfant s'arrêta.
(Le ciel le ciel le ciel était gris ce jour là )

Il courait après ses sentiments que le temps avait balayés d'une rafale un peu cruelle qu'il ne rattraperait sûrement pas.
(Et le vent soufflait comme si son existence en dépendait)

Il resta là à contempler l'immensité d'un mur, cette limite matérielle à son corps et son coeur qu'il aurai voulu traverser.
(La pluie tombait en trombe et nettoyait les trottoirs dépotoirs)

Son visage lunaire de pantin désarticulé sembla alors inhabité. La folie ordinaire l'avait quitté.
(Les voitures éclaboussaient volontairement les piétons )

Et puis une voix. Des gens qui accourent. Mais le temps est passé. L'enfant a grimpé, glissé. Son sang s'est vidé, maintenant.
(Et les ombres fremissaient en pressant le pas )

Ces sentiments, il les aura finalement récupérés, humide mais encore vivant l'espace de cet instant.
(Le deluge poussa vers les refuges les réfugiés)

Alors, il reviendra s'asseoir un soir aux pieds des briques entassées, tiendra dans ses mains l'histoire sans fin.
(Mais bientôt chacun reprendra son chemin)

Il y aura dans sa venue comme un air de déjà vu, mais de son enveloppe matérielle, de son corps réel inexistant à présent , l'Enfant Lune franchira cette fois le mur du temps.
(La prochaine averse se fait pourtant sentir, elle n'est pas bien loin )

Mais il ne sera plus là pour ressentir ce qu'il aurai vécu, réellement. Comme un évadé du passé, prisonnier du moment présent.
(Et cette pluie à tout lavé ).


























© Misha Gordin


4 juillet 2006

Pieds Nus





















Les lacets s’entortillent autour de sa cheville et le retiennent, ils disent « ne marches pas sur les braises » et il ne les écoute pas. Ils disent « ne t’éloignes pas », il ne les écoute plus. Le soleil parle aussi il dit « je te ferai fondre » mais lui est loin d’être un glaçon, même avec toute ces voix à ses talons.
Alors il interroge son âme qui répond « tu es tout et rien à la fois, cours et tu te rattrapera ». Finalement il se dit à lui-même « mon corps me sert à expérimenter la matière ». Maintenant il sait qu’il est un morceau de la clef du monde.
Sur l’escalier de l’invisible, il remarque : trois marches à grimper en premier, huit à l’arrivée. En haut la porte parle enfin et conclue « je ne m’ouvrirai qu’une fois tout ceux qui le veulent arrivés, alors … prend le temps qu’il te faudra pour évoluer ».